Myriam TONELOTTO, réalisatrice, scénariste

Les TGV, les crayons et les carnassiers digitigrades ont leurs mystères !
Mon premier met face à face
Mon second est bon à l’oral
Mon troisième déplie l’imaginaire
Mon tout étire, attire, soutire, et tire… vers le haut !

A découvrir :

Myriam Tonelotto

Italienne par son père, belge par sa mère, luxembourgeoise de cœur et française d’adoption.

De son enfance en Vénétie, dans la plaine du Pô, Myriam Tonelotto a conservé au creux de ses rêves de silencieux greniers dorés sous la poussière rose du soleil couchant, des fermes comme des arches perdues dans un océan de blé et de sombres fables vénitiennes que l’on conte la nuit tombée. Son grand père vénète, Nonno Nani, lui a légué des histoires d’armoires pleines d’or flottant lors des grandes inondations et quelques morts retords exigeant qu’on leur rende leur os. Sa grand-mère, Nonna Ermelinda, lui avait promis dès son enfance une étrange boîte à musique en argent, qui ne chante que pour consoler d’un deuil.

Des études d’histoire et de journalisme puis 25 ans de reportage télé et de documentaire de création ont convaincu Myriam d’une chose : nous passons notre temps à nous raconter des histoires. Pour désinformer, asseoir notre pouvoir, séduire ou nous consoler, à coup de ET, de PUIS et de C’EST POURQUOI, nous relions des instants qui n’ont rien à voir les uns avec les autres : nous écrivons, réécrivons et finissons par nous convaincre que notre vie est une histoire qui se tient. Nous en léguons ensuite quelques bribes à nos amis, à nos enfants, qui s’empressent de coudre ces lambeaux dans leurs propres tissus de mensonge.

« La Promise » est un de ces lambeaux. L’héritage que Myriam Tonelotto a choisi de confier à ses deux fils, Enzo et Olmo, et aux lecteurs qui voudront bien y croire.

« Soyez subjectifs, mais avec honnêteté » : Myriam Tonelotto a fait de cette injonction d’Hubert Beuve-Méry la pierre angulaire de son approche documentaire.

Une des premières réalisatrices en France à penser l’animation dans le documentaire autrement que comme illustration d’appoint, Myriam Tonelotto développe depuis 20 ans une approche originale fondée sur le dialogue entre documentaire et film d’animation. Partant d’une solide enquête journalistique (sur le lobbying : Lobbying, au-delà de l’enveloppe – 2003 ; sur le masculinisme : In Nomine Patris, ce que veulent les mouvements des pères – 2005 ; sur les atteintes aux libertés individuelles : La Voie du Chat – 2009 ; sur le nucléaire qu’on n’a pas eu : Thorium, La face gâchée du nucléaire – 2016) la réalisatrice développe ensuite un scénario de fiction (et non de reconstitution) intégrant le travail documentaire et entrelaçant séquences réalisées en dessin animé et prises de vues réelles. L’animation lui permet d’afficher son ressenti, son ironie ou sa distance, tandis que s’élance en parallèle l’engrenage de son rigoureux travail d’investigation.

Assumer pleinement que la réalité documentaire est une création, puis l’afficher de la façon la plus explicite qui soit, par un jeu d’images façonnées de toute pièce : c’est la voie formelle choisie par Myriam Tonelotto pour aborder ses sujets avec sincérité. Une démarche essentielle pour cette réalisatrice qui, à chacun de ses films, s’efforce de questionner les « vérités vraies » auxquelles nous nous soumettons par confort ou habitude. Questionner les vérités, faire œuvre de sincérité, afficher sa subjectivité. Et surtout, sur tout, continuer de porter un regard neuf, ouvert, amusé.